GAZETTE N°34 ‘MÉMOIRES EN FEU’ : SOMMAIRE
EDITO : VAINCRE LA LASSITUDE
MÉMOIRES EN FEU ET DATES DE CENDRES
FEU d’ANTAN : BORDEAUX 1949
PLAIDOYER POUR LES BÉBÉS DU MASSACHUSETTS
SI PUÒ ESSERE FELICI QUANDO GLI ALTRI NON LO SONO?
DES MOTS POUR NOS ENFANTS … ET NOUS-MËMES
BONNE LECTURE !
EDITO : VAINCRE LA LASSITUDE
En ce début septembre, la lassitude guette. Trop de chaleur, trop d’incendies, trop de boues meurtrières et d’incivilités. Avant, c’était différent. Les menaces étaient autres, les aspirations et les rêves aussi. Mais ce qui a vraiment changé, c’est notre quotidien. Oh ! Pas seulement parce que le Nutella a remplacé le lait concentré sucré en tube. Pas seulement parce que, naguère, les usines à vaches n’existaient pas encore. Aujourd’hui, notre façon de vivre et de nous relier aux autres est nouveau. On rit moins, on se parle moins, on se voit moins, forcément les yeux rivés sur un petit écran, on ne lève jamais le regard. Dans la rue ou un bus, sourire à un inconnu est risqué : serait-ce une agression ? Du harcèlement ? Que lui veut-on ? Pour engager une conversation, mieux vaut obtenir un consentement. Bientôt, il devra être écrit et signé pour éviter toute suite judiciaire. Poser une question à un guichet quelconque, c’est solliciter une faveur d’un puissant qui n’a pas que cela à faire. Exigera-t-il une assistance psychologique si vous n’avez pas associé à votre humble demande un modeste : ‘S’il vous plaît, Monsieur ou Madame…’ Affligées de cette froideur généralisée, des personnes âgées (c’est-à-dire plus âgées que vous) vous abordent sur les trottoirs sous n’importe quel prétexte - forcément vous souriez à tout le monde, une habitude d’éducation -. Puis, elles se lancent dans un monologue lénifiant sur leurs désastres quotidiens, après vous avoir demandé où est la gare, laquelle est juste en face. Epuisé, vous rentrez chez vous ; les démarches de nos jours, c’est seulement par internet que ça se passe, vous allez essayer. Sauf que votre question n’est pas listée dans les ‘Questions Fréquentes’ accessibles à tous. Vous devez d’abord vous connecter en donnant votre mot de passe, le nouveau, celui que vous avez oublié, pas l’ancien qu’on vous a supprimé parce qu’il était trop facile à trouver. Les mots de passe doivent être ROBUSTES, compter 19 caractères dont un rouge, noir, impair et passe, faute de quoi les pirates vont le casser en quelques secondes. C’est comme les portes blindées : elles protègent un peu plus longtemps que les moustiquaires. Bref, tout s’embrouille, le site se bloque, le message redouté s’affiche : ‘Votre compte a été bloqué : vous avez été piraté’. Quel QR code va pouvoir vous libérer ? Pour en disposer, vous devez téléphoner au n° d’assistance accessible 24h sur 24 et 7j sur 7. Après une musique d’ascenseur et quelques annonces sur vos droits, ‘Sophie, votre Agente IA à votre service’ vous demande - pour être sûre que c’est bien vous - (vous finissez par en douter), votre adresse mail, le nom de votre première girafe, votre date de naissance, celle de votre chat et l’énoncé exact de la question secrète choisie par vous en son temps justement pour débloquer votre compte (vous l’avez notée sur un bout de papier posé quelque part mais où ?). Attention, attention, vos fusibles vont sauter ! Et pardonnez à l’auteure de cette phrase presque aussi longue que celles de Thomas Mann quoique nettement moins fluide.
Heureusement, une bonne nouvelle : la Direction générale des Finances publiques s’est laissée gravement pirater, cela devrait normalement induire que je suis dispensée de payer mes impôts, en représailles. Comment ? Qu’entends-je ? Je dois les payer quand même ? Mais dans quel monde vivons-nous ? Un monde où tout le monde se croit autorisé à massacrer son voisin, à mettre le feu aux forêts, à s’endetter aux frais des pauvres contribuables, à vous raconter des bobards, à bredouiller un nouveau français approximatif et envahissant, à vous rappeler qu’il faut s’hydrater quand il fait chaud, surtout si on est vieux…
J’ai une violente et fébrile atteinte de lassitude. Je vais m’enfermer chez moi, rafraichie par mon climatiseur chinois arraché de haute lutte chez Lidl. Je vais renoncer à la lecture des Sermons de Bossuet, pour me concentrer sur les séries Netflix… Mais à force de débrancher mon humanité, je crains de devenir un blob, ou, si vous préférez, un Physarum polycephalum. Que faire pour vaincre la lassitude ? Sortir du marasme ? Retrouver un sens à ma vie et à mon âge ? Mais c’est bien sûr : à quoi donc servent les vieux sinon à prendre le temps d’observer les évolutions du monde pour en témoigner ! À raconter des mémoires pour que survivent des histoires de courage, de joie et de chagrin. À enseigner à ceux qui croient être nés en même temps que l’univers, que pas du tout, avant il y avait déjà des milliards d’humains et autant de légendes. À convaincre ceux qui vont tenter de sauver ce qui reste à sauver, qu’ils en sont bien capables. Ceux qui nous succèdent, et nous succèderont, inventeront de nouvelles merveilles, c’est certain. Parce qu’ils sont nos enfants et les enfants de nos enfants, et les enfants des autres humains. À quoi servent les vieux sinon à les encourager à croire à des lendemains qui chantent ? Comment ? Par exemple en projetant dans leurs collèges et lycées les deux épisodes du film ‘La Bataille de Gaulle’ pour faire pousser des graines de citoyenneté. En les assurant par notre confiance en eux, que tout est possible quand on a un projet et de la volonté. Ils peuvent faire confiance à la société où ils vivent, s’ils y contribuent. Ainsi la lassitude sera-t-elle vaincue. Sylvie Lainé
Et vous, qu’en pensez-vous ?
MÉMOIRES EN FEU ET DATES DE CENDRE
Crédit : Image d'un post Linkedin d'E.CAZAUX
Souvenons-nous du 15 août 2021 et de la dignité des Afghanes. Depuis le 1er numéro de cette gazette, j’évoque la tragédie de ce pays oublié des puissants. En cette année de 5ème anniversaire de la dictature talibane, nombre d’émissions, de podcasts et revues la racontent enfin, il faut s’en féliciter, mais éviter de se complaire dans une compassion proche parfois du voyeurisme. En revanche, il me semble utile de proposer des pistes d’information fiables et documentées. Agir, c’est d’abord s’informer et chercher à comprendre. Parmi les meilleures sources à mon sens sur cette partie du monde, compte l’excellente publication d’Elisabeth CAZAUX. Sa ‘Lettre d’Afghanistan’ est indépendante, fondée sur des sources vérifiées, des synthèses onusiennes et des traductions exclusives. Son travail s’inscrit dans une mission simple qu’elle formule ainsi : ‘rendre visible ce que beaucoup préfèrent ignorer.’ Ainsi produit-elle des analyses géopolitiques, des rapports contextualisés, des témoignages de résistances afghanes et des outils de compréhension d’un pays devenu central dans plusieurs crises mondiales. Si tous les numéros méritent d’être lus, il faut signaler particulièrement un livret publié à la veille du 15 Août, ‘L’anniversaire que personne ne fête.’ Intitulé ‘Afghanistan taliban an 5’, il présente l'état d'un pays que le monde continue de commenter sans le regarder vraiment. Citons son accroche :
‘Le centre de gravité est clair : les femmes et les filles, privées d'éducation, chassées des professions de santé, surveillées, ciblées par des politiques désormais qualifiées de crime contre l'humanité, de persécution de genre. Autour de ce noyau, les autres visages de la crise : recomposition du régime, frontière en feu avec le Pakistan, retours forcés, pauvreté, faim, bataille du récit et de la justice. Le tableau est sombre (…) Mais dresser un constat lucide n'est pas céder au défaitisme. C'est même le contraire de ce que l'Afghanistan nous a enseigné. Car l'espoir n'est pas perdu. Dans le Nord-Est, le réengagement d'anciens militaires de l'armée nationale afghane, soutenus par une population excédée, rappelle que le pays n'est pas entièrement pacifié. La bataille sera longue. Mais nous y croyons plus que jamais.’ Elisabeth CAZAUX
Une analyse à ne pas manquer : https://buff.ly/cDQrIwL Et : 👉 https://lalettrehebdo.com
Pour compléter votre information, si vous résidez en Ile de France, ne manquez pas dans quelques jours, le vendredi 18 septembre, à Paris, dès 18h, une belle soirée afghane. Le Club France-Afghanistan, présidé par Françoise HOSTALIER est partenaire de l’événement intitulé : « Briser les murs », consacré au soutien des femmes en Afghanistan, et à leur résistance.
Au-delà de l’Afghanistan, les dates de cendre ne manquent pas. En Iran, elles alignent les exécutions. Au Népal et au Tibet, elles sont de boues plus que de cendres. Et pendant que les massacres et les désastres s’accumulent ici et là, l’histoire qui bégaye nous appelle à la vigilance face à un antisémitisme de plus en plus décomplexé. Une vérité utile à rappeler à l’approche de Roch Hachana - du vendredi 11 septembre au dimanche 13 septembre -.
Lisons, pour nourrir les espoirs chancelants, le discours d’un grand monsieur, récemment disparu, HARALD V de Norvège : "Les Norvégiens viennent du nord de la Norvège, du centre, du sud et de toutes les autres régions. Les Norvégiens sont aussi des immigrés venus d’Afghanistan, du Pakistan, de Pologne, de Suède, de Somalie et de Syrie. (…) Notre maison est là où bat notre cœur. Cela ne dépend pas toujours des frontières d’un pays. Les Norvégiens, ce sont des filles qui aiment des filles, des garçons qui aiment des garçons, et des garçons et des filles qui s’aiment mutuellement. Les Norvégiens croient en Dieu, en Allah, en tout et en rien."
Partagez-vous cette vision du monde ?
PLAIDOYER POUR LES BÉBÉS DU MASSACHUSETTS
Aux États-Unis, le Massachusetts autorise l'avortement à tout stade de la grossesse !
Aucune limite de délai ne s’applique désormais à l’avortement dans le Massachusetts. La gouverneure démocrate Maura HEALEY a signé fin juillet le ‘Prioritizing Patient Access to Care Act’. La nouvelle loi doit entrer en application dans un délai de 90 jours après sa signature.
Jusqu’alors, l’interruption de grossesse restait autorisée sans condition durant les 24 premières semaines (six mois, quand même) et permise après ce seuil uniquement en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère, ou si le fœtus présentait une anomalie jugée incompatible avec la survie hors de l’utérus (Loi de 2020). Portée par la Chambre des représentants et le Sénat de l'État, la nouvelle législation élimine l'obligation de restreindre les interruptions tardives de grossesse à des critères stricts encadrés par la loi et supprime l'obligation de pratiquer ces interventions spécifiques en milieu hospitalier agréé. Le nouveau texte confie désormais au médecin traitant seul la décision de pratiquer une interruption de grossesse au-delà de ce délai, à tous les stades de la grossesse, sans obligation légale de justifier d'une menace vitale ou d'une anomalie fœtale lourde.
Le Massachusetts rejoint neuf autres États américains ayant déjà retiré toute limite de semaines encadrant l’avortement : l’Alaska, le Colorado, le Maryland, le Michigan, le Minnesota, le New Jersey, le Nouveau-Mexique, l’Oregon et le Vermont, ainsi que le district de Columbia. Cette vague législative s’est accélérée depuis l’arrêt Dobbs de la Cour suprême, qui a mis fin en 2022 à la protection fédérale du droit à l’avortement issue de l’arrêt Roe v. Wade de 1973, renvoyant la question à chaque État.
Ainsi une femme peut-elle recourir à l’avortement jusqu’au moment de la naissance d’un enfant viable et en bonne santé. Et moi, j’ai mal à mon humanité.
Qu’en pensez-vous ?
Sources : https://malegislature.gov/PressRoom/Detail?pressReleaseId=1450 Et ‘La nouvelle Tribune’ : nouvelletribune.info
FEU D’ANTAN : BORDEAUX 1949
Plus de 75 ans avant les ravages des incendies de Gironde de l’été 2026, « le Feu du Siècle » faisait rage en 1949 aux portes de Bordeaux. Parti de Saucats le 19 août 1949, probablement à cause d'un mégot de cigarette, cet incendie monstre a détruit 50 000 hectares de forêts. Le feu s'est propagé à une vitesse fulgurante, 82 personnes ont péri dans des conditions atroces : des sauveteurs surpris par la tornade produite par le feu. Ce désastre est le plus meurtrier de l'histoire des forêts françaises. Il a provoqué une immense émotion collective et des funérailles nationales ont été organisées à Cestas. L'événement a totalement transformé la gestion de la forêt et la lutte contre les incendies. Il a mis en lumière les limites de l'organisation de l'époque, où le feu était combattu de manière artisanale, et a renforcé le rôle des structures de défense de la forêt. Mais, malgré les critiques concernant la monoculture intensive du pin maritime, la forêt a été replantée dès 1950. Les marins basés à Mimizan participèrent à la lutte avec les pompiers venus de Mont-de-Marsan et des environs. En Médoc et au nord du bassin d'Arcachon, les flammes mettaient à mal la forêt mais aussi les hommes et le peu de matériel moderne de lutte contre les incendies. Le feu ne sera considéré vraiment éteint que le 27 août 1949. Au Barp, en bordure de la route Nationale 10 se dresse un panneau sur lequel est inscrit : "Ici périrent dans les flammes 82 héroïques sauveteurs. Pour honorer leur mémoire, respectez et protégez la forêt. 20 août 1949."Aujourd’hui encore ce ‘GRAND FEU’ porte jusqu’à nous un cri d’alerte face au dérèglement climatique et à l’entretien des forêts.
Sources : Actualités françaises (Collection: Les Actualités Françaises ) (diffusion : 25 août 1949) // Documentaire « 1949 : le Grand feu », réalisé par Laurent Tournebise, Il était diffusé sur France 3 Nouvelle-Aquitaine le jeudi 1er mai 2025 en s’appuyant sur le fonds photographique patrimonial de « Sud Ouest ». // Joan DEVILLE, L'incendie meurtrier : dans la forêt des Landes en août 1949, Paris : éditions des Pompiers de France, 2009.
SI PUÒ ESSERE FELICI QUANDO GLI ALTRI NON LO SONO?
UNE QUESTION DE ROBERTA CECCHIN
Crédit : Illustration Roberta Cecchin
La rentrée est le moment d’intégrer les études supérieures pour les jeunes Italiens et Français qui ont réussi les incontournables examens de fin de lycée : en Italie, la maturità, en France, le baccalauréat. Ces deux mots racontent deux pays différents. En Italie, on vérifie officiellement si tu es mûr, “maturo”. En France, si tu réussis, tu deviens “bachelier”, titulaire du baccalauréat. Selon l’Académie française, “bachelier” désignait à l’origine un jeune noble aspirant à devenir chevalier. En somme, en France, tu passes du temps de l’éducation à celui d’une sorte de statut social évoquant les chevaliers. Est-ce la raison pour laquelle, dans le bac français, il y a une vraie épreuve de philosophie, et non une gentille petite question du style : “Citez trois philosophes et résumez leurs pensées”. En France, vous avez 4 heures pour traiter de sujets comme : ‘Avons-nous la maîtrise de nos paroles ?’ ou : ‘Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?’. Moi, à 18 ans, je ne suis pas sûre que j’aurais su quoi répondre… Et pourtant, ces questions, je les trouve géniales. Elles induisent qu’en France, si vous êtes capable d’y répondre, c’est que vous avez atteint la fin d’un parcours où, en théorie, vous avez appris à construire une pensée philosophique. Non pas seulement : qu’a proposé Kant ? Platon ? Nietzsche ? L’Italienne que je suis a, en philosophie au lycée, surtout étudié les philosophes : leurs œuvres, leurs époques, leurs systèmes. J’ai appris ce que les grands esprits avaient pensé avant moi. Je ne suis pas sûre qu’on m’ait préparée à développer un raisonnement philosophique. En Italie, une question comme “Si può essere felici quando gli altri non lo sono?” (Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?) à la maturità déclencherait un débat national.
Récemment, j’ai vu circuler une phrase de l’écrivain et professeur italien Alessandro d’Avenia. Il disait, en substance, qu’il ferait volontiers commencer l’examen de maturità avec cette question : “Perché sei venuto al mondo?” (Pourquoi es-tu venu au monde ?). Tu ne sais pas quoi répondre ? Tant pis, tu rates l’examen. Sans savoir s’il pensait à la France, j’ai trouvé que sa proposition résonnait étrangement avec le bac français. Parce qu’en France, ce type de vertige existentiel n’est pas seulement une provocation. C’est une épreuve nationale.
Il est une autre différence : l’âge. En France, les élèves passent le bac généralement vers 17-18 ans. En Italie, le lycée dure cinq ans : les maturandi arrivent fréquemment à l’examen vers 18-19 ans. Or, un an, à cet âge sensible, ce n’est pas rien. Mais au fond, la différence qui m’intéresse le plus est autre. J’ai l’impression que l’école française pousse assez tôt les élèves à se demander : Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras adulte ? Quel parcours veux-tu construire ? Et comment peux-tu argumenter ton choix ?
Alors qu’en Italie, la question m’apparaît être davantage : Qu’est-ce que tu sais ? Qu’est-ce que tu as étudié ? Quels liens peux-tu faire entre les différentes matières ? La maturità italienne est un immense rite de passage. On y arrive après cinq ans de lycée, avec des épreuves écrites, un oral, des professeurs internes et externes, des nuits blanches, des familles en apnée, des mères qui disent “Mangia qualcosa e poi riposa un po’” (ma mère me disait seulement de me reposer, parce que pour manger, je n’avais pas vraiment besoin d’encouragement). L’Italie aime les liens, la mémoire, le parcours, la culture générale : la capacité à s’approprier ce qu’on a appris et à montrer ainsi qu’on est enfin maturo.
La France semble demander autre chose : es-tu capable de penser une question ? De construire une réponse ? De douter avec méthode ? De savoir vraiment ce que tu veux, et de le formaliser de façon convaincante ? Il ne suffit pas d’exposer une opinion, il faut la structurer de préférence en un plan, il faut la ‘problématiser’ en trois parties convaincantes suivies d’une synthèse évidemment brillante. Je trouve cette différence fascinante. Au fond, les deux pays posent à leurs jeunes une question proche, mais dont les finalités sont différentes. En Italie : ‘As-tu assez appris pour être considéré comme mûr ?’. En France : ‘As-tu assez pensé pour te rendre libre ?’.
Je ne sais pas quel est le meilleur système, mais je sais qu’en Italie, j’apprécierais qu’on pose la question : “Peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?”. Je serais très curieuse de connaître votre avis. Vous a-t-on plutôt entraîné à penser, à argumenter, ou à restituer, à faire des liens… ou un peu tout ça à la fois ?
Et si ce double regard entre la France et l’Italie vous parle, c’est aussi le fil rouge de ce que je fais sur scène. Ce serait un plaisir, si vous venez voir mon spectacle, de continuer cet échange de vive voix. Roberta Cecchin
SAUVEZ LES DATES : Les prochains spectacles 2026 de Roberta
Pour en savoir plus : www.unarobertaaparigi.fr
PARIS 6 octobre - 17 novembre - 9 decembre // ROMA 21-22 septembre
MONDORF-LES-BAINS 27 Septembre // GRENOBLE 1-3 octobre // CATANIA 16-17 octobre
ANTIBES 22-24 octobre // CASTELNAUDARY 6 novembre // BEAUVAIS 21 novembre
BESANÇON 25 novembre // ST ETIENNE 5 décembre // BREST 12 décembre
DES MOTS POUR NOS ENFANTS … ET NOUS-MÊMES
Antoine de Saint-Exupéry écrivait dans Le Petit Prince : ‘Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais très peu s’en souviennent’. Et s’il avait tort ? Essayons de nous souvenir. Relisons des mots qui parlent d’enfance et d’enfants qui rient, qui découvrent, qui observent, d’enfants du monde et d’à côté, d’enfants que nous sommes restés…
“Les enfants ne sont pas des vases que l’on remplit mais des feux que l‘on allume.” Cette pensée a été attribuée à MONTAIGNE, voire à RABELAIS, et même à Maria MONTESSORI qui l’aurait formulée ainsi : “L'enfant n'est pas un vase qu'on remplit, mais une source qu'on laisse jaillir.”. La même Maria MONTESSORI a également suggéré : «Libérez le potentiel des enfants, et vous transformerez le monde avec lui.”
En somme, si l’on en croit Boris CYRULNIK : “Il ne suffit pas de faire un enfant, encore faut-il le mettre au monde.”. Doit-on comprendre que ce n’est pas gagné ? Heureusement : “En essayant continuellement on finit par réussir. Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche.” oui, Les Shadoks.
D’ailleurs, selon Bertrand RUSSELL : « Il est facile de savoir quand un enfant n'est plus un enfant : c'est le moment où il cesse de vous demander d'où il vient et refuse de vous dire où il va. »
Terminons avec l’inélarrable COLUCHE, voulez-vous ? « Y a des gens qui ont des enfants parce qu'ils n'ont pas les moyens de s'offrir un chien. »
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MERCI à ELISABETH CAZAUX, fondatrice de La Lettre d’AFGHANISTAN, à FRANÇOISE HOSTALIER, présidente du CLUB FRANCE AFGHANISTAN, à ROBERTA CECCHIN, pour leurs contributions, aux côtés de votre bien dévouée SYLVIE LAINÉ.
À BIENTÔT !
Dans le prochain numéro, nous vous donnons la parole ! Adressez vos remarques, textes et commentaires par courriel à memoiresvives@icloud.com
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